C'est un combat qui peut paraître bien dérisoire que celui qui consiste à sauver des poissons rouges stockés dans des sachets en plastique de 50 cl que l'on distribue aux enfants dans les fêtes foraines ou les kermesses de fin d'année.
Pourtant nous savons, pour ceux d'entre nous qui sont parents, qu'après cinq minutes d'intérêt, l'enfant posera le sachet au soleil pour partir vers d'autres jeux et d'autres récompenses et qu'il nous faudra le poursuivre pour lui rappeler que, malgré les apparences, le poisson rouge qu'il vient d'obtenir grâce à son habileté n'est pas simplement un trophée.
Après avoir accepté que notre enfant soit récompensé de la sorte, comment prôner le respect de la vie en général, celui de la flore et de la faune en particulier et continuer à lui asséner que les animaux ne sont pas des choses dont on se débarrasse lorsqu'ils ne présentent plus l'intérêt de la nouveauté.
Non vraiment le poisson est un animal trop peu considéré par nos sociétés qui le considèrent généralement comme un objet de décoration plutôt que comme un être vivant exprimant des sensations et des besoins physiologiques.
L'Association Française du Poisson Rouge nous apprend pourtant que, placé dans un espace minuscule, surpeuplé, exposé au soleil et au bruit, il est capable d'éprouver un stress indéniable.
Alerter les intervenants (Préfectures et DSV, Mairies, et forains) sur le fait que la distribution à titre de lots et primes est interdite par le Code rural (cf. article L. 214-2), et que la vente sans certificat de capacité l'est également (cf. article L. 214-7 sauf dérogation exceptionnelle) répond, me semble-t-il, en dehors de l'objectif légaliste, à un objectif éducatif dans la mesure où les enfants sont les premières "victimes" de cette pratique.
Ainsi, notre mise en demeure à l'APEL (l'association pour l'enseignement libre qui relaie l'organisation des kermesses de fin d'année dans toutes les écoles de France) a été prise au sérieux ; reste à savoir si en juin 2009, elle ne sera pas tombée dans l'oubli. Les adhérents du Graal seront heureusement là pour nous alerter.
Les Communes (Antibes, Saint Germain en Laye, Sens) nous répondent presque toujours et parfois de façon exemplaire : en modifiant immédiatement leur cahier des charges autorisant souvent la vente en dehors des conditions légales et en mettant en demeure les forains de respecter les deux interdictions, sous peine de sanction.
En revanche, les Préfectures, pourtant gardiennes de la légalité, restent systématiquement silencieuses, ne semblant pas concernées par notre action.
Après les mises en demeure, la communication publique envisagée par le Graal permettra aux clients des fêtes foraines qui développent une conscience écologique de résister en connaissance de cause à ces pratiques et d'être cohérents dans leur discours éducatif, car rien n'est plus difficile que de dire non à son enfant lorsqu'il voit que les autres, mieux lotis que lui à ses yeux, repartent avec un trophée que ses parents lui refusent.
Soyez vigilants et rappelez autour de vous l'existence de ces deux interdictions que tout le monde méconnaît allègrement et que le Graal prend soin de rappeler dès qu'il en a l'occasion.